LINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE

LINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE

Chapitre 3 : Les fonctions didactiques du français oral en classe de FLM, FLE ou FLS

La littérature didactique recense plusieurs fonctions de l’oral en classe de FLM, FLE ou FLS que nous avons choisi de regrouper en trois grandes fonctions.

 

1. Un moyen d’expression et de communication

En contexte de français langue maternelle, le français oral est un moyen d’expression de la pensée et de l’affect et donc un moyen d’expression de soi pour l’enfant. En effet, la communication orale permet l’expression des intentions, des sensations, des sentiments, des opinions et leur partage avec les autres. Ainsi, l’expression orale constitue un élément très important pour le développement personnel de l’enfant ; elle favorise sa construction en tant que sujet et membre d’une communauté. En contexte FLE, cette fonction est assurée par  la ou les langues premières des apprenants enfants. Avec le temps, le français oral peut jouer ce rôle.

 

2. Un moyen d’enseignement et d’apprentissage

Une grande partie de l’enseignement s’opère à l’oral. C’est par un discours oral que  le maître régule la classe de langue et transmet les informations,  une « une stratégie d’enseignement »[1], sinon un « instrument » de l’enseignement. Cet instrument peut avoir une fonction « transdisciplinaire » en contexte de français langue de scolarisation[2] (FLM ou FLS), car le français y est un « médium » de l’enseignement des disciplines scolaires notamment celles non linguistiques (mathématiques, sciences, éducation sportive).  

Parallèlement, les apprenants se doivent de comprendre et de s’approprier le contenu du discours oral, ils sont, d’ailleurs, souvent amenés à y réagir oralement. C’est à travers les verbalisations et les interactions qu’ils construisent leurs connaissances et s’approprient les concepts clefs. L’’oral constitue donc un outil, un moyen incontestable d’apprentissage.

Par ces deux fonctions complémentaires, font que la communication orale, en français, agit comme compétence non disciplinaire et  reste essentielle dans une perspective intra et extra scolaire.

 

3. Un objet d’enseignement et d’apprentissage

L’oral est objet d’enseignement, une matière à enseigner avec des objectifs langagiers précis subordonnés à une compétence langagière globale dont l’acquisition est aujourd’hui un impératif dans l’acquisition d’une langue, parce que « la langue est d’abord une réalité orale »[3].  Enseigner  l’oral comme objet revient à s’interroger sur le « type » d’oral à viser. De manière générale, nous dirons qu’enseigner l’oral c’est à la fois enseigner une langue « correcte » (variété standard) mais aussi certaines de ses variétés standard. L’enseignement de l’oral inclut toutes les dimensions de la prise de parole, acte complexe qui inclut en particulier la dimension pragmatique.

Selon Lafontaine (2007), trois composantes font partie de la démarche didactique pour enseigner l’oral comme objet d’enseignement : l’intention de communication qui permet aux élèves d’activer leurs connaissances antérieures et de comprendre pourquoi ils apprennent l’oral et à quoi sert exactement cet apprentissage (« Présenter l’intention de communication permet […] aux élèves de voir le fil conducteur dans le projet, d’en connaitre le but, de savoir s’ils vont discuter, débattre, faire une critique […], etc. »[4]), la situation de communication (le contexte dans lequel il y a prise de parole) et les activités d’oral planifiées et intégrées (« présenter aux élèves des activités d’oral planifiées à leur horaire et incorporées à des pratiques de lecture et d’écriture. Ces objets feront ultérieurement l’objet d’une évaluation sommative »[5]).

L’oral comme objet d’apprentissage est à considérer comme un objet donnant lieu à des moments spécifiques pendant lesquels le travail se fixe sur une compétence particulière. L’oral est alors objectivé dans celle de ses dimensions (locutoire, interactionnelle, phonatoire, communicationnelle…) dont on vise l’acquisition. Ces enseignements/apprentissages peuvent s’effectuer par le biais d’exercices ciblés (jeux de rôle, simulations, etc.) et/ou par le biais de situations complexes dans lesquelles l’accent est mis sur l’une des composantes (débat, interview, tâche lors de travail de groupe, etc.). Dans ce type de situations, l’apprentissage langagier s’effectue par la pratique et la réflexion métalinguistique portant sur la pratique[6].



[1]Lafontaine, L., 2007, Enseigner l’oral au secondaire. Séquences didactiques intégrées et outils d’évaluation. Montréal : Chenelière Éducation.

[2] Verdelhan-Bourgade, M. (2002). Le français de scolarisation : pour une didactique réaliste. Paris : Presses Universitaires de France.

[3] Porcher L., 2004, L’enseignement des langues étrangères, Paris, Hachette, p43

[4]Lafontaine, L., 2007, Enseigner l’oral au secondaire. Séquences didactiques intégrées et outils d’évaluation. Montréal : Chenelière Éducation.

[5] idem

[6] Benedito TEIXEIRA, La pratique de l’oral dans l’enseignement/apprentissage du FLE, mémoire soutenu 2011-2012, http://www.portaldoconhecimento.gov.cv/bitstream/10961/3231/1/m%25C3%25A9m%2520master 1%2520 benedito.pdf



08/07/2018
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