LINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE

LINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE

Corrigé du TD 1

Corrigé

1-Dans le corpus de citations ci-après, établi à partir du CD-ROM du Grand Robert de la langue française (1992), distinguer les diverses acceptations du mot foyer en relevant les syntagmes lexicalisés. Classer les acceptations en différents groupes.

1. Le feu agonisait dans le foyer, sous la cendre noire des lettres (G. Maupassant). 2. L’Europe avait jusqu’ici été le foyer de la culture occidentales (A Siegfried). 3. L’ardent foyer jetait des clartés fantastiques (V Hugo). 4. Rejoint-il la troupe hétéroclite des instables, des ratés, des sans-foyer et des déracinés […] (F. Mallet-Joris). 6. Il est devenu laïc, a fondé un foyer, a eu des enfants et a gardé la foi (F. Mauriac). 7. Les foyer d’infection sont en extension croissante. A l’allure où la maladie se répand, si elle n’est pas stoppée […] (A. Camus). 8. J’allais presque chaque soir à la Comédie française, connu de tous, flânant à mon gré dans les couloirs, au foyer, sur la scène, du trou du souffleur jusqu’aux loges des actrices (P. Léautaud). 9. Pour garder sa pression, il brûlait à quai, immobile, des tonnes et des tonnes de charbon, dans les foyers de ses trois chaudières (R Vercel). 10. Sauf pour les diamants […], les principaux foyers miniers se succèdent le long des frontières orientales (M. Demangeon). 11. Je connais tous les hôtels de paris, les borgnes, les louches, les myopes, les palaces, les bordels, les pensions de famille, les foyers du jeune homme, les asiles de nuit (G. Dormann). 12. Le soleil, foyer de tendresse et de vie […] (A. Rimbaud). 13. Les tronçons basaltiques mesuraient quarante à cinquante pieds de hauteur […] L’éclat du foyer de lumière, signalé par l’ingénieur, pénétrait pour ainsi dire les parois […] (J. Vernes) 14. Or, après une absence de treize mois, il arriva au foyer conjugal, au moment où sa femme, encore alitée, venait de lui donner un héritier […] (Lautréamont). 15. Tant qu’on ne vous aura pas renvoyer dans vos foyers, vous serez des soldats et vous obéirez à vos chefs (J-P Sartre) 16. Il a des lunettes à foyer double. 17. […] il lui semblait qu’une joie née de la camaraderie exige de l’esprit qu’il mette tout en commun avec le camarade, qu’il jette au foyer de l’amitié les idées fugitives (J. Romains). 18. Chez Wagner, la musique est le noyau du drame, le foyer rayonnant et le centre attractif (R. Rolland). 19. […] la femme gardienne du foyer (P. Verlaine). 20. Le père est le premier près du foyer ; il l’allume et l’entretient ; il en est le pontife (Fustel de Coulanges)

 

Groupe 1

P1 « lieu où l’on fait le feu »

P3 et 20  « feu »

P9 : « partie d’un appareil de chauffage »

 

Groupe 2

P4, 14, 15 « lieu où habite et vit une famille » foyer conjugal, sans-foyer, renvoyer un soldat dans ses foyer

P6 et 19 « ensemble de personnes qui composent la famille»

P11 : « lieu de vie, de réunion pour une catégorie de personnes »

P8 : « lieu où les spectateurs peuvent circuler » foyer du public

 

Groupe 3

P13 « point d’où rayonne la lumière, la chaleur »

P16 « point constitué par le sommet du faisceau conique formé par la réflexion ou la réfraction de rayons lumineux initialement parallèle »

P9 : « partie d’un appareil de chauffage »

P5 : « point remarquable associé à certaines courbes »

P 2 et 18 « point central où converge et d’où se répand un processus »

P7 : « lieu d’où se propage une maladie »

P10 « groupement géographique »

 

2- Etudier la parasynonymie des couples suivant en caractérisant les contextes dans lesquels ils peuvent ou non commuter et en spécifiant les différences qui les séparent.

- fille-mère/mère célibataire

- battre/frapper

 

Les noms composés fille-mère et mère célibataire sont substituables dans un grand nombre d’énoncés. Ils diffèrent par leur signifié connotatif : fille-mère est vieilli et péjoratif, mère célibataire est le terme neutre en usage. La structure morphologique manifeste ces différences : dans mère célibataire, le déterminé est mère, mot à connotations positives, dans fille-mère le déterminé est fille, terme à connotations péjoratives.

 

Les verbes battre et frapper sont polysémiques. Ils présentent une proximité sémantique dans l’intersection de leurs polysémies respectives en relation avec leur distribution.

a- Ils sont substituables dans deux types d’environnements :

- humain + verbe + animé/humain

Le père bat sont enfant. L’enfant bat son chien.

Le père frappe son enfant. L’enfant frappe son chien.

- le sujet désigne la pluie, la grêle …, l’objet est concret.

La pluie battait les vitres.

La pluie frappait les vitres.

b- ils ne sont pas substituables l’un à l’autre.

- Emploi intransitif : le sujet désigne une partie du corps ou un objet susceptible de mouvements, battre signifie ; être animé de mouvements »

Le pouls bat lentement.

*le pouls frappe lentement.

- emploi transitif : le sujet est humain et l’objet , humain désigne un adversaire : battre a le sens de « l’emporter sur ».

La gauche a battu la droite aux élections.

* la gauche a frappé la droite aux élections.

 

3- Étudier les relations lexicales qui existent entre ces groupes de mots :

a- voiture, moteur, volant

b- robe, jupe, vêtement

 

Le terme voiture dénote « le tout » alors que les termes moteur et volant dénotent une partie de ce tout. Voiture  est l’holonyme de volant et de moteur, lesquels sont méronymes de voiture. Il y a donc une relation partie-tout.

Un rapport hiérarchique et d’inclusion lie ces termes. Robe et jupe sont les co-hyponymes de vêtement. Vêtement est l’hyperonyme de robe et de jupe.

 

4- Analyser l’antonymie dans ces groupes de mots :

a- marié/célibataire

b- fort/faible

c- posseder/appartenir

 

a- marié/célibataire

Ces mots sont en relation de disjonction exclusive : la négation de l’un entraine l’assertion de l’autre, les deux mots ne peuvent être niés simultanément. Si on n’est pas marié, ce qu’on est célibataire, du moins dans beaucoup de sociétés. On ne peut pas être l’un et l’autre à la fois ou ni l’un ni l’autre. L’antonymie est ici polaire.

 

b- fort/faible

Ces mots définissent les extrêmes d’une échelle de gradation implicite et autorisent l’existence de degrés intermédiaires. On peut dire il est passablement fort. La négation de l’un n’entraine pas obligatoirement l’affirmation de l’autre. S’il n’est pas fort cela ne veut pas dire qu’il est forcement faible, il peut être entre les deux. L’antonymie est ici graduable.

 

c- posséder/appartenir

Prenons l’exemple : Ahmed possède la maison/ La maison appartient à Ahmed. Ici, posséder et appartenir entretiennent une relation converse ou réciproque car la substitution de l’un (posséder) par l’autre (appartenir) dans un énoncé contraint à inverser les arguments (Ahmed, maison). Ce test de permutation permet de vérifier la réciprocité de la relation.

 

 

5- Appliquer l’analyse sémique aux mots de la série suivante :

Causerie, allocution, communication, sermon

 

Allocution : discours familier et bref adressé par une personnalité dans une circonstance particulière et à un public précis.

Causerie : discours, conférence sans prétention.

Communication ; exposé oral concernant un sujet déterminé que l’on fait devant une société savante.

Sermon : discours prononcé en chaire par un prédicateur (catholique)



02/03/2016
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