LINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE

LINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE

Chapitre 2 La méthodologie traditionnelle

1. Hypothèses ou théories de référence

Sur la langue :

  • Description linguistique : aucune théorie. La langue était conçue comme un ensemble de règles et d’exceptions,  une langue “normée” et de qualité celle utilisée par les auteurs littéraires.
  • Nature de la langue : Langue littéraire et écrite, priorité aux compétences de compréhension et de production écrites.
Sur la psychologie d’apprentissage
  • aucune théorie. L’élève écoute le maître et il répond à ses questions ⇒ passif . Il apprend en mémorisant des règles et du lexique.
Sur la conception de civilisation/culture
  • La culture était perçue comme l’ensemble des œuvres littéraires et artistiques réalisées dans le pays où l’on parle la langue étrangère ⇒ culture cultivée (littérature, art, histoire). 

 

2. Contenu

  • Présentation de la langue. La langue est présentée à travers des textes littéraires des grands auteurs classiques exemplifiant des points de grammaire.
  • Accès au sens de la langue cible : Le sens est appréhendé à travers sa traduction en langue maternelle. Les consignes sont en L1.
  • Enseignement de la grammaire : La grammaire était enseignée de manière déductive (on présentait d’abord la règle, puis on l’appliquait à des cas particuliers sous forme de phrases). L’enseignement était explicite. C’est à cette époque que s’est répandue l’utilisation d’un métalangage grammatical dans l’enseignement des langues; un métalangage dont l’héritage persiste encore aujourd’hui.
  • Enseignement du lexique : Le vocabulaire était enseigné sous forme de listes de mots présentés hors contexte et traduit en L1 et que l’apprenant devait connaître par cœur.
  • Progression adoptée : Aucune, les points grammaticaux et le lexique sont abordés au fur et à mesure qu’ils apparaissent dans les textes. Ensuite une progression grammaticale basée sur le L1: nom, verbes….
  • Schéma de classe. Il n’existait aucun schéma de classe et les activités se juxtaposaient dans un ordre aléatoire. Puis progressivement : Exposition d’une règle de grammaire /  présentation de lexique ; Compréhension d’un texte fabriqué ou extrait d’une œuvre litt.; Exercices de thème et de version

3. Relation pédagogique

  • Rôle de l’enseignant. C’est l’enseignant qui dominait entièrement la classe et qui détenait le savoir et l’autorité, il choisissait les textes et préparait les exercices, posait les questions et corrigeait les réponses.
  • Rôle de l’apprenant : réactif , aucune place à l’initiative
  • Interactions : L’interaction se faisait toujours en sens unique du professeur vers les élèves : enseignant → apprenant
  • Activités d’enseignement : Exercice de traduction : exercice de thème/version comme exercice de traduction. Explication des textes littéraires. Mémorisation de phrases comme technique d’apprentissage de la langue.
  • Traitement de l’erreur: L’erreur n’étant pas admise, le professeur la corrigeait systématiquement comme s’il s’agissait d’un outrage à la langue “normée”, la seule admissible.
  • Evaluation : Évaluation écrite :  grammaire et traduction

4. Inconvénients

  • La connaissance des règles grammaticales ne donne pas une compétence en L2. Lorsqu’on parle une langue on ne se réfère pas constamment à sa grammaire. On apprend à parler de la langue (connaissances métalinguistiques) mais pas à parler la langue (compétence langagière).
  • La traduction mot à mot est contestable car il n’y a pas d’équivalence sémantique parfaite entre la L1 et la langue cible.
  • Négligence de l’oral
  • Le modèle d’enseignement imitatif n’admettait aucune variation créative de la part de l’élève.
  • D’après C. Puren, dès le milieu du XVIIIème siècle, la demande sociale d’apprentissage des langues a évolué. On a alors besoin d’une connaissance plus pratique des langues étrangères.
  • La méthodologie traditionnelle ne peut pas être considérée efficace, selon Henri Besse, puisque la compétence grammaticale des apprenants a toujours été limitée et que les phrases proposées pour l’apprentissage étaient souvent artificielles.
La rigidité de ce système et les résultats décevants qu’il apportait ont contribué à sa disparition et à l’avènement d’autres théories plus attrayantes pour les élèves. 
  • La méthodologie traditionnelle coexistera vers la fin du XIXème siècle avec la méthode naturelle. Puis, à partir des années 1870 une interminable polémique va opposer les traditionalistes aux partisans de la réforme directe jusqu’en 1902, date à laquelle une instruction officielle imposera d’une manière autoritaire l’utilisation de la méthodologie directe dans l’enseignement national, ce que C. Puren nomme “le coup d’état pédagogique de 1902


23/01/2018
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